Tourisme et exclusions
70 ans après la création des congés payés obtenus par l’action syndicale et le mouvement ouvrier, ce droit aux vacances est une réalité pour seulement 54% des français.
Beaucoup des familles des zones urbaines qui ne partent pas, le font pour des raisons financières, et l’absence du départ en vacances est un motif d’exclusion qui s’ajoute aux autres difficultés d’emploi, de logement et de conditions de vie.
Que font aujourd’hui les pouvoirs publics (Etat, Région, Département, Communes) pour permettre aux populations en situation d’exclusion dont principalement les enfants, de partir en vacances, pour changer d’air et d’environnement.
Depuis une quinzaine d’années, nous assistons à la réduction des financements publics
Ainsi le Tourisme Social est banalisé dans l’offre touristique, régulée par le marché et sans fiscalité spécifique, il n’a plus les moyens de son objectif social de Vacances pour Tous et du départ du plus grand nombre de salariés et de leurs familles.
Pouvons-nous encore longtemps, laisser des populations en voie d’exclusion dans les ghettos des banlieues, ne pas bénéficier d’un droit qui nous paraît essentiel, celui de pouvoir partir en vacances ?
Tourisme et inégalité de libre circulation dans le monde
Lors du Forum pour une Mondialisation Responsable de Lyon le 26 octobre 2006, les participants à l’atelier Tourisme ont débattu d’une questions pour l'avenir de ce secteur : l'inégalité croissante des différentes populations devant la possibilité de mobilité transnationale.
Entre les touristes qui ont des difficultés de visas (cela fait même l'objet d'une campagne de l'Organisation Mondiale du Tourisme) et les populations d'accueil qui ne peuvent sortir de leur pays ou sont rejetés comme travailleurs émigrés par les pays riches, il y a une injustice de fait qui devient de plus en plus insupportable.
Le tourisme levier de la mobilité, a besoin de la libre circulation des hommes pour son développement.
Lyon et la Région Rhône Alpes étant géographiquement central pour les flux terrestres entre les pays du nord de l'Europe et la façade méditerranéenne, avec plusieurs intervenants, nous proposons aux autorités locales (Grand Lyon et Conseil Régional) la création de cet observatoire des libertés de circulation des touristes et des travailleurs.
Exclusion et zones montagnardes
En montagne le développement du Tourisme a pour effet une augmentation très importante du coût du foncier (plus de 70% par an dans les vallées comme de l’Arve ou de la Tarentaise).
Le peu de logements sociaux dans ces zones montagnardes font que tous ceux qui ne sont pas propriétaires de leur résidence principale doivent quitter ces territoires à la fin de la saison, ou à la fin de leurs études pour rechercher un emploi.
De plus la mono industrie des sports d’hiver dans une période de réchauffement climatique, n’est-elle dangereuse pour une diversification des activités montagnardes et la possibilité de travail toute l’année par le développement de la mobilité professionnelle locale (les pluriactifs) ou géographique des professionnels qualifiés vers d’autres zones touristiques.
Cette exclusion des forces vives des zones de montagne peut devenir un lourd handicap pour l’avenir de l’économie et des populations alpines ?